Le contexte
Câblier chinois, câbles électriques et fibre optique, exporté dans 45 pays. L'équipe commerciale vivait entièrement sur WeChat. Les distributeurs et chefs de projet en Afrique, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Sud cherchaient l'entreprise sur LinkedIn et ne trouvaient presque rien. Une page avec un logo flou, deux lignes de description, une dernière publication remontant à huit mois.
Le vrai sujet était ailleurs. L'entreprise avait des techniciens sur le terrain partout dans le monde : ingénieurs qui posent des réseaux de câbles, passent en réunion de chantier, vont chez les clients chaque semaine. Ils avaient des histoires qui auraient parlé aux acheteurs. Sauf qu'ils ne les racontaient nulle part.
Notre approche
On n'a pas commencé par la page entreprise. On a commencé dans une salle de formation.
Deux ateliers, à deux jours d'intervalle. Le premier couvrait les bases : à quoi ressemble un bon profil LinkedIn, comment l'algorithme décide ce qui remonte dans le fil, pourquoi commenter les publications des autres compte autant que publier soi-même. La deuxième session était pratique : chaque participant rédigeait sa première publication sur place. Certaines étaient brutes de décoffrage (un ingénieur a pondu trois phrases sur l'installation d'un transformateur, franchement c'était très bien, on n'y a quasiment pas touché).
Au total, quarante personnes sur cinq pays se sont inscrites. Chaque semaine, elles recevaient un dossier : deux ou trois publications pré-rédigées à personnaliser, un article du secteur et une consigne du type « partagez une photo de votre dernier chantier et dites en deux phrases ce que vous avez vu ».
Un tableau de classement suivait la participation. Rien d'extraordinaire, aucune récompense. Juste des noms sur un tableau. Et les gens réagissent à ça bien plus qu'on ne le croit.
Côté page entreprise, on publiait en bilingue anglais-mandarin : chantiers en cours, certifications produit, étapes techniques. L'idée : quand quelqu'un tombait sur la publication d'un collaborateur et allait vérifier la page, il trouvait quelque chose de solide.
Les résultats
Le taux de participation a atteint 58 % le premier mois. Correct, sans plus. Honnêtement, on espérait mieux. Le deuxième mois, ça s'est emballé : les gens voyaient leurs collègues récolter des réactions sur leurs publications.
Portée cumulée des 40 participants : 160 000 vues en 60 jours. La page entreprise est passée de 200 à 1 400 abonnés.
L'histoire qu'on raconte à chaque fois : un ingénieur terrain au Nigeria poste une photo d'une installation de câbles dans un poste électrique. Publication courte, aucune retouche. Un distributeur régional la voit, ouvre la page entreprise, envoie une demande dans la journée. Une publication. Une photo. Un prospect. Voilà ce que ça donne quand un programme ambassadeurs fonctionne pour de vrai.
L'équipe marketing a repris le programme à la fin de notre mission. Elle l'a depuis étendu à un deuxième groupe.